Je vais à présent procéder à la publication de mon premier récit fictif sur le Manoir.
Voici un bref résumé de son histoire:
L'année dernière, en seconde, nous avions l'habitude, à une certaine période, de pratiquer le Badminton, dans le cadre de l'Education Physique et Sportive (EPS), dans un gymnase situé à l'extérieur de la ville (précisément à Bordeaux Lac).
Nous faisions ce voyage en bus, et il nous fallait passer, au retour, par une série de Banlieue.
Lorsque nous traversions ce sinistre paysage, tout fait de béton, mon ami et moi avions l'habitude de converser sur les forts mauvaises réputations de ces quartiers et de leurs habitants. Nous avions envisagé (non sans une certaine crainte) la possibilité que nous tombions en panne technique au beau milieu de ce dangereux environnement.
Ces conversations m'ont inspiré pour le récit lui même, que voici:
"
Un soir, nous revenions en bus après une longue séance d'éducation physique dans un gymnase de Bordeaux lac.
Nombre d'entre nous étaient fatigués et goûtaient, tout en regardant défiler le paysage, à un repos bien mérité dans le creux des fauteils rembourrés du bus, car la séance de ce jour-là avait été particulièrement rude et fatigante.
Le soleil se couchait à l'horizon, il n'y avait plus aucun véhicule sur les routes...
Nous attendions paisiblement de rentrer dans l'environnement rassurant du centre ville, afin de repartir ensuite goûter à nos détentes habituelles dans nos doux foyers.
Certains d'entre nous plaisantaient, dautres parlaient de choses et d'autres... quand tout d'un coup, nous eûmes tous la sensation que le moteur du bus, pourtant puissant, faiblissait, toussait, était en proie à des ratées.
Enfin, le véhicule, lentement mais sûrement, en arriva peu à peu à l'immobilité totale.
L'incident ne sembla pas, dans un premier temps, beaucoup perturber les élèves, ni les professeurs. Néanmoins le chauffeur prit la parole pour rassurer le groupe
Certains, cependant, regardant par les fenêtres, virent que nous étions perdus au beau milieu d'une banlieue sinistre, environnés de sombres immeubles de béton, dans les dernières lueurs du jour qui déclinait, le centre ville étant encore loin.
Le fait de se rendre compte de l'environnement dans lequel on se trouvait fit baisser le volume des discussions et instaura un climat légèrement plus tendu au sein du véhicule. Pendant ce temps, le chauffeur était descendu observer son moteur.
Nous vîmes quelques silhouettes sombres sortir des immeubles et commencer à nous observer de loin.
Ces silhouettes étaient celles d'hommes et d'adolescent vêtus de jeans tombants et déchirés, de "sweat-shirt" dont certains avaient remonté les capuchons, dissimulant leur visage et qui portaient aussi des objets tels que des battes de base-ball, des barres de fers ou encore de lourdes chaînes. Le nombre de silhouettes alla en croissant et insensiblement, la distance entre elles et le bus commençait à diminuer
Sans l'avoir remarqué, le chaffeur, de son côté, établissait son diagnostic. De retour dans le bus. Il s'adressa à l'ensemble de ses passagers et expliqua que la situation était plus complexe que prévue.
Il dit également qu'il ne savait pas, au juste, ce qui empêchait le moteur de fonctionner, que cela allait lui prendre probablement plus de temps qu'il ne l'avait cru au premier abord, mais il évoqua également la possibilité, au pire des cas, de recourir à l'un des nombreux téléphones cellulaires que nous possédions afin de contacter une dépanneuse qui viendrait nous tirer de cette situation que certains commençaient à trouver déplaisante, voire même quelque peu inquiétante.
Car , entre-temps, le nombre de silhouettes avait pratiquement doublé et ces dernières adoptaient une attitude qui aurait pu paraître menaçante, commençant à tâter leurs objets, à les frapper contre leur main, comme pour en éprouver la solidité.
Elles se mirent même à lancer de forts coups de pieds dans de vieilles caisses et autres cartons insalubres éparpillés sur le sol autour d'eux, instaurant une ambiance sonore inquiétante.
Nous commençâmes sérieusement à envisager la possibilité de contacter, au moyen dun de nos téléphones, une entreprise de dépannage.
Un des professeurs, assisté par le chauffeur lui indiquant des précisions quant à l'appel à passer, se concerta avec un élève à l'avant du car pour exécuter avec lui cette tache.
Mais hélas, nous nous trouvions en un endroit ou aucun réseau, aussi perfectionné fut-il, ne pouvait fonctionner pour de sombres causes de brouillage, et cette tentative se solda donc par un lamentable échec.
Quelques-uns de nos camarades parmi les plus infantiles tentèrent de détendre l'atmosphère en lançant quelques plaisanteries telles que "nous sommes en danger, appelez la police!" ou "perdus dans la jungle!" mais ces plaisanteries, de fort mauvais goût, ne réussirent au contraire qu'à tendre plus intensément l'atmosphère
Soudain un bruit très proche retenti et fit frémir l'assemblée : il s'agissait d'une canette vide qu'un des habitant des lieux, s'étant sérieusement rapproché du bus avec ses compagnons, venait de lancer dans notre direction, percutant le bus et venant même rouler jusqu'en dessous du véhicule.
Même les plus braves d'entre nous sentirent leur sang se glacer car en même temps, un cris venant des silhouettes avait retenti, pleins de haine exprimée avec tout l'accent et le rude patois des banlieues "Sales bourges!"
En réponse à cette exclamation, une brève rumeur se leva parmis les élèves, soudain pris de panique à ces paroles.
Il fallut le charisme d'un des professeurs pour ramener un calme relatif.
Nous commençâmes à nous inquiéter sérieusement, car les signes d'hostilité commençaient à se multiplier de la part des personnes au-dehors, dont le nombre, par ailleurs, ne cessait daugmenter, de telle sorte que ce fut bientôt une véritable foule qui nous encercla.
Nous vîmes que les professeurs eux-mêmes, malgré les exhortations au calme quils ne cessaient de lancer à leurs élèves, commencer à perdre leur sang-froid et à céder à leur tour à la panique naissante.
Quelques élèves voulurent sortir du bus en courant pour ensuite fuir dans à toutes jambes dans nimporte quelle direction mais dautres, dotés de plus de bon sens, leur barrèrent la route vers les portières, leur faisant comprendre tant bien que mal que le bus constituaient encore pour eux un abris où ils se trouvaient, temporairement du moins, en sécurité. Lon vit même, dans une grande surprise, certains professeurs, dordinaire calmes et sûrs deux manifester un comportement similaire.
Le chauffeur seul semblait garder son sang-froid au milieu de cette tourmente qui tournait peu à peu à la débandade, sa pensée manifestement tourné entièrement vers les problèmes techniques de son véhicule.
Une lueur vive éclaira la nuit, cétait la lumière de lincendie dune voiture que les habitants des lieux, suivant leurs étranges coutumes venaient dallumer, afin (du moins nous le pensâmes) de manifester une fois de plus leur hostilité à notre égard.
Le visage du chauffeur, impassible, sillumina tout dun coup, comme si une idée lui était soudainement venu. Il quitta le siège où il était assis et sauta prestement hors du bus pour ensuite se diriger vers le moteur.
Une étrange cérémonie venait de commencer au-dehors. Autour de la carcasse fumante de la voiture que des langues de feu léchaient furieusement, en noircissant la tôle, une sorte de danse circulaire entre plusieurs habitants des lieus se déroulait. Ceux-ci chantaient des chansons obscènes, ponctués de cris « A bas les bourges ! », tout en ingurgitant à grands flots des litres de ce mauvais alcool frelaté que lon pouvait se procurer aux misérables épiceries du coin.
Dautre encore fumaient avidement, avec des regards déments, des cigarettes contenant de nombreuses substances aussi toxiques quillicites.
Le chauffeur, méprisant le danger, remonta lestement dans le bus ou il sadressa à lensemble des passagers.
Il annonça avec entrain que le problème technique qui nous retenait ici nétait finalement quune défaillance de la batterie du moteur, ce qui nous empêchait de démarrer et quil ne suffirait, en fin de compte, que de pousser par larrière le lourd véhicule pour lui permettre de démarrer à nouveau.
Seulement il fallait pour cela se résoudre à sortir devant la férocité des habitants des lieux.
Devant cette décision difficile, tout le monde se concerta en silence.
Enfin, un des professeurs se tourna vers moi et mordonna dune voix impérieuse daller seul pousser le bus.
Tout dabord je crus à une plaisanterie, mais le professeur réitéra son ordre avec le même sérieux.
Je me tournai, abasourdi vers mes camarades, espérant obtenir quelque soutien, mais lon évita mon regard.
Alors, à pas lent, comme si jeusse fait un mauvais rêve, je sortis du bus et allais à son arrière sous les regards ardents des habitants des lieux.
Jappuyais fermement mes deux mains sur le dos froid du véhicule et poussai de toutes mes maigres forces.
Le chauffeur ayant desserré au maximum ses freins, je réussis, peut-être, à ébranler pendant une fraction de seconde lénorme masse métallique.
Jentendis avec joie le moteur repartir, je sentis ses vibrations contre les parois du bus ainsi que la rassurante chaleur quil recommençait à émettre. Je reçus aussi en plein visage la vapeur de chaud gaz carbonique qui se déversa du pot déchappement.
Je vis les visages de mes camarades silluminer à travers les fenêtres du bus.
Je vis aussi éclater la fureur de ceux qui nous avaient encerclé, car ils voyaient que leur victime allait leur échapper.
Le bus avança, je voulu grimper à son bord mais je ne le pus, car avant que jeusse eu le temps de faire trois pas, le véhicule roulait à toute vitesse et nétait déjà plus quune lointaine tache à lhorizon.
Je restais donc seul, au milieu de la place, environné des habitants de ces sinistres lieux qui me fixaient intensément frappant entre leurs mains leurs battes de base-ball, leurs tiges métalliques rouillées (probablement prélevées sur quelque chantier) et leurs épaisses chaînes plus fort que jamais." (le récit est laissé à un point croustillant qui vous laisse libre d'imaginer sa suite comme vous le voulez)
Voici, dites-moi, s'il vous plaît, si cette petite aventure vous a plu. Je serais ravi de vous en écrire de nouvelles.
Aymar